Vous n’êtes pas citoyen européen et vous voulez vous installer en Italie pour travailler à distance ? Depuis avril 2024, c’est officiellement possible grâce au visa nomade digital italien. Mais une fois sur place, comment êtes-vous imposé ? Quelles sont les règles ? Ce guide répond à ces deux questions — simplement, sans jargon inutile.
Le visa nomade digital : qui peut l’obtenir et comment
Le visa nomade digital italien a été officialisé par un décret du ministère de l’Intérieur daté du 29 février 2024, publié au Journal officiel le 4 avril 2024. Il s’adresse exclusivement aux ressortissants de pays hors Union européenne qui souhaitent vivre en Italie tout en travaillant à distance pour une entreprise établie hors d’Italie.
Qui est éligible ?
Pour obtenir ce visa, vous devez remplir les conditions suivantes :
- Être ressortissant d’un pays hors UE
- Travailler à distance pour une entreprise étrangère (ou être freelance avec des clients hors Italie)
- Justifier d’un diplôme universitaire (minimum 3 ans) ou d’une expérience professionnelle significative dans votre domaine
- Prouver des revenus stables d’au moins 28 000 € par an (~2 330 € nets/mois)
- Disposer d’une assurance santé valable en Italie (privée ou inscription au SSN pour ~2 000 €/an)
- Justifier d’un logement sur place
Comment faire la demande ?
La demande se fait auprès du consulat ou de l’ambassade d’Italie dans votre pays de résidence, avant votre départ. Une fois en Italie, vous devrez demander un permesso di soggiorno (titre de séjour) dans les 8 jours suivant votre arrivée, auprès de la questure (préfecture) locale.
Résidence fiscale : à partir de quand payez-vous vos impôts en Italie ?

En droit fiscal italien, vous devenez résident fiscal en Italie si, pendant plus de 183 jours dans l’année, vous êtes dans l’une de ces situations :
- Vous êtes inscrit dans les registres de population italiens (anagrafe)
- Votre domicile principal (famille, foyer) est en Italie
- Votre résidence habituelle est en Italie
Il suffit qu’une seule de ces conditions soit remplie. Une fois résident fiscal en Italie, vous êtes imposé sur l’ensemble de vos revenus mondiaux — qu’ils viennent d’Italie ou de l’étranger.
Comment sont taxés vos revenus en Italie
Une fois résident fiscal en Italie, vos revenus sont soumis à l’IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche), l’équivalent de l’impôt sur le revenu. Il est progressif, avec 4 tranches depuis la réforme de 2024 :
| Tranche de revenu annuel | Taux IRPEF |
|---|---|
| De 0 à 28 000 € | 23 % |
| De 28 001 à 50 000 € | 35 % |
| Au-delà de 50 000 € | 43 % |
À cela s’ajoutent des taxes régionales et communales supplémentaires, généralement entre 1 % et 3 % selon l’endroit où vous vivez.
Vous gagnez 40 000 € par an en tant que développeur freelance basé à Rome.
→ Sur les 28 000 premiers euros : 23 % = 6 440 €
→ Sur les 12 000 € suivants : 35 % = 4 200 €
→ Total IRPEF : environ 10 640 €, soit ~26,6 % de taux effectif
C’est dans ce contexte qu’intervient le régime fiscal qui intéresse beaucoup de nomades digitaux : le régime des impatriés.
Le régime des impatriés : payer moins d’impôts les 5 premières années
L’Italie propose un régime fiscal préférentiel pour les personnes qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie après avoir vécu à l’étranger. Son nom officiel : regime impatriati. Son avantage principal : seulement 50 % de vos revenus professionnels sont imposables les 5 premières années.
Concrètement, si vous gagnez 40 000 €, seuls 20 000 € sont pris en compte pour le calcul de l’IRPEF. Les 20 000 € restants sont exonérés d’impôt.
Conditions pour en bénéficier
- Ne pas avoir été résident fiscal en Italie pendant les 3 années précédentes (avant 2024 : 2 ans)
- S’engager à rester résident fiscal en Italie pendant au moins 4 ans (si vous partez avant, vous perdez l’avantage)
- Exercer une activité professionnelle sur le territoire italien (y compris le télétravail)
- Avoir votre pays d’origine qui a signé une convention fiscale ou d’échange d’informations avec l’Italie
Même développeur, 40 000 € de revenus, installé à Palerme.
→ Base imposable : 40 % de 40 000 € = 16 000 €
→ IRPEF sur 16 000 € au taux de 23 % = environ 3 680 €
→ Économie : ~6 960 € par rapport au régime standard
| Situation | Base imposable | Durée |
|---|---|---|
| Régime standard | 100 % des revenus | — |
| Impatriés (Nord / Centre) | 50 % des revenus | 5 ans |
| Impatriés (Sud de l’Italie) | 40 % des revenus | 5 ans |
En résumé
Si vous venez d’un pays hors UE, l’Italie vous ouvre la porte avec un visa nomade digital officiel depuis 2024. Les conditions sont claires : revenus d’au moins 28 000 €/an, assurance santé, logement justifié, diplôme ou expérience.
Une fois sur place plus de 183 jours, vous devenez résident fiscal et payez l’IRPEF sur vos revenus mondiaux. Mais si vous remplissez les conditions du régime des impatriés, vous n’êtes imposé que sur 50 % (voire 40 % dans le Sud) de vos revenus professionnels — pendant 5 ans.
Par où commencer ? Prenez rendez-vous au consulat italien le plus proche, préparez vos justificatifs de revenus, et faites-vous accompagner par un comptable ou fiscaliste spécialisé en droit fiscal italien dès le départ. C’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire.
FAQ sur le visa nomade digital italien
Le visa nomade digital italien est-il accessible à toutes les nationalités hors UE ?
En principe oui, le visa est ouvert à tous les ressortissants hors Union européenne qui remplissent les conditions (revenus, diplôme ou expérience, assurance santé). Certains pays peuvent faire l’objet de restrictions spécifiques. Vérifiez toujours auprès du consulat italien dans votre pays de résidence.
Si je garde des clients dans mon pays d’origine, dois-je quand même payer des impôts en Italie ?
Oui, dès lors que vous êtes résident fiscal en Italie (plus de 183 jours sur place), vous êtes imposé sur l’ensemble de vos revenus mondiaux, y compris ceux de source étrangère. La convention de non double imposition entre l’Italie et votre pays d’origine vous protège en général de payer deux fois le même impôt.
Le régime des impatriés s’applique-t-il automatiquement ou faut-il en faire la demande ?
Il n’est pas automatique. Si vous êtes salarié, vous devez soumettre une déclaration sur l’honneur à votre employeur. Si vous êtes indépendant, vous le mentionnez dans votre déclaration fiscale italienne. Dans les deux cas, c’est vous qui êtes responsable de vérifier que vous remplissez bien toutes les conditions.




