Comprendre la fiscalité en Italie : les bases pour les Français
La fiscalité en Italie repose sur un principe fondamental : la résidence fiscale. Une personne est considérée comme résidente fiscale italienne si elle séjourne en Italie au moins 183 jours par an (182 en année bissextile), y maintient son domicile (centre de ses intérêts vitaux) ou y est inscrite au registre de la population résidente. Cette règle est déterminante car les résidents italiens sont imposés sur leurs revenus mondiaux (worldwide income), tandis que les non-résidents ne le sont que sur leurs revenus de source italienne.
Pour un Français qui s'installe en Italie, comprendre ce basculement de résidence fiscale est essentiel. La convention fiscale franco-italienne permet d'éviter la double imposition, mais son application nécessite une connaissance précise des règles des deux pays.
Le barème IRPEF 2026 : tranches et taux d'imposition {#irpef-2026}
L'IRPEF (Imposta sul Reddito delle Persone Fisiche) est l'impôt sur le revenu progressif italien, applicable aux résidents fiscaux italiens sur leurs revenus mondiaux. Le barème 2026 comprend trois tranches :
| Tranche de revenu annuel | Taux IRPEF |
|---|
| Jusqu'à 28 000 € | 23 % |
| De 28 001 € à 50 000 € | 35 % |
| Au-delà de 50 000 € | 43 % |
À ces taux nationaux s'ajoutent des surtaxes régionales (généralement entre 1,23 % et 3,33 %) et des surtaxes communales (jusqu'à 0,8 %), ce qui peut porter la pression fiscale totale à près de 47 % sur les hauts revenus.
L'IRPEF s'applique sur six catégories de revenus : emploi salarié, revenus d'entreprise, professions libérales et freelances, revenus de capitaux (intérêts, dividendes), revenus fonciers et immobiliers, et autres revenus prévus par la loi.
Les impôts sur le capital et le patrimoine
En dehors du barème progressif, les revenus financiers (intérêts, dividendes, plus-values mobilières) sont soumis à un prélèvement forfaitaire de 26 %. Pour les résidents italiens détenant des biens ou actifs à l'étranger :
- IVIE : impôt sur les biens immobiliers étrangers — 1,06 % de leur valeur depuis 2024
- IVAFE : impôt sur les actifs financiers étrangers — 0,2 % de leur valeur
Ces deux impôts sont souvent méconnus des Français qui s'installent en Italie en conservant leur patrimoine en France. Il est crucial de les anticiper avec un expert fiscal.
Régimes de faveur : les dispositifs fiscaux avantageux en Italie
L'Italie propose plusieurs régimes fiscaux spéciaux sans équivalent en France, qui permettent des économies d'impôts considérables selon votre profil.
1. Flat tax à 7 % pour les retraités étrangers
C'est probablement le régime le plus avantageux pour les retraités français souhaitant s'installer en Italie. Il permet de payer un impôt forfaitaire de seulement 7 % sur l'ensemble des revenus de source étrangère (pension de retraite française incluse) pendant 9 ans.
Conditions : s'installer dans une commune de moins de 20 000 habitants dans les régions éligibles du Mezzogiorno (Sicile, Sardaigne, Calabre, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise ou Pouilles) et ne pas avoir été résident fiscal en Italie au cours des 5 dernières années.
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2. Flat tax forfaitaire pour nouveaux résidents
Ce régime permet à un nouveau résident de payer un forfait annuel fixe de 200 000 € sur l'ensemble de ses revenus de source étrangère, quelle qu'en soit la nature ou le montant réel (depuis la réforme d'août 2024). Valable 15 ans maximum, il nécessite d'avoir été non-résident en Italie pendant au moins 9 des 10 années précédant l'installation.
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3. Régime des impatriés (rientro dei cervelli)
Destiné aux travailleurs salariés ou indépendants qui transfèrent leur résidence fiscale en Italie. Depuis le 1er janvier 2024 :
- Abattement de 50 % du revenu imposable d'activité en Italie (60 % avec au moins un enfant mineur)
- Plafond de 600 000 € par an
- Durée de 5 ans, prorogeable de 3 ans
4. Cédolare secca (revenus locatifs)
Alternative à l'IRPEF pour les revenus locatifs : un impôt forfaitaire de 21 % (ou 10 % pour les contrats à loyer encadré), nettement plus simple et souvent plus avantageux que le barème progressif.
Voir les impôts immobiliers en Italie
Fiscalité Italie vs France : comparaison pour les Français
Pour un Français de classe moyenne supérieure (revenu 60 000 €/an, patrimoine 500 000 €), voici les grands points de divergence entre les deux systèmes fiscaux :
| Critère | Italie | France |
|---|
| Taux marginal IR (> 50 000 €) | 43 % + surtaxes ≈ 47 % | 41 % + CSG/CRDS ≈ 46,5 % |
| Flat tax sur revenus du capital | 26 % | 30 % (PFU) |
| Droits de succession (ligne directe) | 4 % avec 1 M€/enfant | Jusqu'à 45 % avec 100 000 €/enfant |
| Impôt sur la fortune | IVIE/IVAFE sur actifs étrangers | IFI résiduel sur immobilier |
| Régimes spéciaux | Flat tax, 7 %, impatriés | Aucun équivalent |
Conclusion : Sans régime spécial, les deux systèmes sont comparables sur les revenus d'activité. Mais les droits de succession italiens sont spectaculairement plus favorables, et les régimes spéciaux italiens n'ont aucun équivalent français pour les retraités, nouveaux résidents et travailleurs impatriés.
Les droits de succession en Italie : un avantage méconnu
Les droits de succession italiens sont nettement plus favorables qu'en France :
- 4 % en ligne directe (enfants, conjoints) avec un abattement de 1 million d'euros par héritier
- 6 % pour les frères et sœurs avec un abattement de 100 000 € par héritier
- 8 % pour les héritiers en ligne indirecte (sans abattement spécifique)
À titre de comparaison, en France, le taux marginal de succession entre parents et enfants peut atteindre 45 % au-delà de 1,8 million d'euros (après l'abattement de 100 000 € par enfant). L'écart est considérable pour les patrimoines importants.
Guide complet sur les successions en Italie
Fiscalité italienne pour les Français : les points de vigilance
La résidence fiscale : un basculement total
Dès lors que vous devenez résident fiscal en Italie, vous devez déclarer et potentiellement payer des impôts en Italie sur l'ensemble de vos revenus mondiaux, y compris vos revenus fonciers français, vos dividendes et vos revenus d'épargne. La convention fiscale franco-italienne encadre les cas de double imposition, mais son application pratique est complexe.
Les actifs français restent dans le viseur du fisc italien
Un Français devenu résident fiscal en Italie doit déclarer ses actifs financiers et immobiliers détenus en France via le formulaire RW de la déclaration fiscale italienne. L'IVIE et l'IVAFE s'appliquent alors sur ces actifs, même si des crédits d'impôt permettent de neutraliser partiellement la double taxation.
Le codice fiscale : premier sésame administratif
Avant toute démarche fiscale ou administrative en Italie, vous aurez besoin de votre code fiscal italien (codice fiscale). Ce numéro est obligatoire pour ouvrir un compte bancaire, signer un contrat de location ou d'achat immobilier, ou accéder aux services publics.
Comment obtenir votre code fiscal en Italie
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